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Concurrence, compétition, émulation… De quoi parle-t-on ?

La théorie du libre marché des idées

Juriste, chercheuse, essayiste

Marcela IACUB

CNRS

BIOGRAPHIE

En 1917, les États-Unis entrèrent en guerre. Le président Woodrow Wilson annonça aussitôt que la « déloyauté » n’était pas un sujet qui pourrait être librement débattu. Ceux qui s’en rendraient coupables perdraient « le droit de jouir des libertés civiles ». Dans cet esprit de fanatisme patriotique fut votée la loi contre l’espionnage (Espionage Act) de 1917. Elle punissait quiconque rapporterait de fausses nouvelles ou ferait de fausses affirmations afin d’interférer avec les opérations de guerre, de promouvoir le succès des ennemis des États-Unis, d’inciter à l’insubordination, à la déloyauté, de faire obstruction au recrutement ou bien d’injurier le service militaire. Les peines pouvaient aller jusqu’à vingt ans de prison. Cette loi donna lieu à plus de 2 000 procès – dont la plupart concernèrent des individus ayant tenu des propos jugés antipatriotiques – et fut appliquée de manière arbitraire et paranoïaque. Ainsi, un jury condamna un individu qui avait affirmé que les intérêts financiers des capitalistes étaient responsables de la participation américaine dans le conflit armé. Un autre en fit de même avec un pasteur qui avait distribué un pamphlet dans lequel il soutenait que le Christ n’aurait pas tué au cours de la guerre. Vingt-sept fermiers allemands, membres du parti socialiste, furent condamnés parce qu’ils avaient déposé une pétition demandant au gouverneur du Dakota du Sud de revenir sur sa décision d’exempter certains comtés du service militaire.

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